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Doreodan
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"Help me, please, I'm begging you..." [Jane]

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Jeu 17 Aoû - 23:56
- Heskel ? Heskel c'est toi ? Réponds-moi si c'est toi, s'il te plait... Réponds...

D'un pas incertain, tremblant, un garçon, maigre et peut-être trop grand pour son âge, essayait d'avancer, péniblement. La douleur le faisait suer, à moins que cela soit la fièvre ? Il entendait... Il l'entendait. Mais il avait beau se retourner, il n'y avait personne autour de lui. Il était seul. Haytham Kavinski était plus seul que jamais. Et pourtant, il y avait un fantôme autour de lui, quelqu'un... Il pleurait, le jeune homme pleurait doucement, silencieusement d'une douleur à la fois morale et physique. Et lui murmurait son nom, inlassablement : "Heskel ? T'es là ? Heskel ..?". Comme une mélodie, une berceuse, douce, mais Ô combien douloureuse. Il avait mal dans sa tête, des cloques avaient envahi son corps et si elles n'étaient pas douloureuses, leurs contours étaient lancinants. Le feu avait brûlé une partie de ses vêtements, une partie de son âme. Que restait-il de Haytham ? Pas grand chose, il ne réfléchissait plus, il n'y arrivait plus. Il devait juste... Arriver en ville, il devait aller en ville. Que ferait-il là-bas ? Aucune idée. Les chances qu'il y parvienne étaient si pauvres... Ses bras étaient devenus blancs, une partie de son torse aussi là où le feu avait d'abord brûlé son t-shirt, puis sa peau. Et il avait mal, et pourtant il était incapable de localiser réellement la douleur. Le nom trottait toujours dans sa tête, dernière chose qui persistait au fin fond de son être dévasté. Il tituba. Haytham titubta et se rattrapa à la première chose qu'il avait à côté de lui : un arbre. De ses yeux fiévreux, recouverts d'un voile gris, il remarqua que ce n'était pas le seul arbre. Il avait quitté les montagnes, il était dans la forêt. Déjà ? Les souvenirs du voyage étaient si flous, si lointains... Pourquoi était-il ici déjà ? Pour la ville oui et et... Heskel ? Etait-il là ? Le garçon tourna désespérément la tête dans toute les directions et s'en donna le tournis. Non il n'était pas là. Mort, il est mort Haytham, il est parti, il t'a laissé là, il est...
Perdu, blessé, brûlé, Haytham perdait de sa lucidité. Continuer. Il devait continuer à avancer, c'était son unique but, son dernier but. Toujours aussi maladroit sur ses jambes, le jeune homme se tint d'arbre en arbre, éraflant ses paumes de main, laissant entrer de nombreuses échardes en leur creux. Plus il avançait, moins il était lucide. Il avait mal, partout et nulle part à la fois, son coeur s'était fendillé, et c'était la pire de ses lancinations. Pourquoi ? Pourquoi être ici, pourquoi continuer de se battre ? Il avait déjà donné ses parents, sa vie entière, et maintenant Heskel. Comment était-il censé tenir debout sans eux ? Comment pouvait-il espérer une quelconque rémission ? Il n'y en aura pas, jamais il n'y en aura. Pour prouver ses pensées, Haytham tomba à genoux, soudainement, la tête bourdonnante, le teint livide, le regard terne. Il essaya vainement de se relever, avant se s'écrouler dans l'herbe, inconscient.
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Jane Lumbard
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Ven 18 Aoû - 1:00
C'était un jour comme les autres. Il ne se passait rien de particulier en ce moment. Jane était toujours dans sa petite cabane à soigner des blessures superficielles, à nettoyer le camp, où chercher à manger dans la forêt. Depuis qu'elle n'était plus avec Hugo - et ça faisait un moment - Jane trouvait ses journées ternes. Il ne se passait plus rien d'intéressant, et par dessus le marché son cerveau faisait tout pour qu'elle ne pense plus à lui, pour éviter d'avoir mal en se rappelant les bons souvenirs. Entre temps, Jane avait grandi. Si sa notion du temps était à peu près exacte, elle avait maintenant 15 ans. Elle se sentait grande, essayait de se montrer mature. Elle savait qu'elle était un peu plus mature qu'elle l'aurait été si le virus n'avait pas tué tout le monde. Ça change un caractère ce truc. Au fond, elle restait une enfant orpheline, terrorisée par tout ce qui se passait, et de nouveau affreusement seule.

Toujours était-il qu'aujourd'hui était un jour identique aux précédents. Jane se leva avec la chaire de poule, à cause d'un petit vent frais. Aujourd'hui sa mission était d'aller chercher des plantes utiles pour le soin. Ce qui était ironique. Pour elle c'était l'arnica qui soignait. Et la plante qui faisait pousser des tubes de gel d'arnica n'avait pas encore été inventé. Mais, miracle, quelques forestiers connaissait des plantes aux verrues apaisantes et autres. Sagement, bonne élève, Jane avait retenue la forme des feuilles, la couleur, tous les détails à savoir pour éviter de provoquer des réactions étranges chez ses patients, type érection cutané et caetera. Un autre point positif était qu'elle n'avait pas à aller en ville chercher tout le nécessaire en bandages, et tissues, d'autres s'en chargaient. Jane avait trop peur de se faire attaquer, tuer, raquetter.

Elle sortit après avoir prévenu quelques personnes qu'elle partait, comme d'habitude, au cas où. Elle avait avec elle une petite sacoche en piteuse état, et un sweat trop grand sur elle. Jane n'était pas grande en taille et généralement les vêtements ramenés au camp était trop grands pour elle, et les plus petits vêtements donnés à ceux petits en âges. Ce qui ne dérangeait pas Jane, qui se sentait étrangement en sécurité à l'intérieur. Comme si le tissu pouvait la protéger. La jeune fille se créait beaucoup d'image de la sorte, une façon de se protéger comme l'horreur du monde en ce moment. Parfois elle se sentait idiote et immature, d'essayer de se remonter le morale comme elle pouvait. D'autre fois elle ne pouvait juste pas faire autrement, comme la majorité des nuits, réveillée par les cauchemars.

Au bout d'une heure de marche, Jane n'avait trouvé qu'un plan de plantes qu'elle pourrait utiliser. Elle était un peu désespérée, triste, seule, fatiguée. À cet instant, Jane était en état de pseudo dépression, cet été qui fait que tout vous rend triste et que vous vous répétez inlassablement "la vie est nulle, ma vie est nulle". Elle voulait faire demie tour, s'enfermer dans sa chambre ou retourner dormir, mais elle ne pouvait pas, elle devait essayer de trouver plus de plantes. C'est à ce moment là qu'elle trouva deux plans à côté. Elle se baisse en vitesse, esquissa un sourire ironique et murmura : "ça c'est le karma." Revigorée, Jane se remit en marche, les mains pleines de terre. Elle devait au moins trouver deux autres plantes qu'elle pourrait utiliser. Au moins deux. Alors Jane marche encore et encore, seulement entourée des bruits de la forêt. Les moments où elle était seule ne l'aidait pas à ne pas penser. Jane se mordit la lèvre et s'empêcha furieusement de ne pas pleurer. Elle devait être grande, ne pas penser au passé mais au futur.

Concentrée, Jane failli tomber à la renverse. À la place, elle lit juste un coup de pied a un obstacle au milieu de sa route. Jane fronça les sourcils, et baissa la tête, voir ce qui avait faillir la faire tomber. Elle pousse un petit cri et fait un grand pas en arrière, en serrant la sacoche contre elle sans trop savoir pouvoir. Peut-être parce que c'était ce qu'elle avait de plus précieux sur elle. Elle pencha la tête sur le côté, fixa le corps d'un garçon au sol.

- Oh merde.

Le garçon semblait bien mal en point. Il n'était pas conscient - dieu merci. Jane tentait de calmer sa respiration et débattait intérieurement de ce qui était le mieux à faire par la suite. Au bout d'une minute à rester immobile dans son coin elle décida de réagir. Elle de rapprocha du garçon et se pencha au dessus de lui. Elle voyait son torse se soulevait, et se détendit légèrement, en se demandant si elle aurait préféré qu'il soit mort ou non. Elle se mordit la lèvre, indécise. Il y avait une odeur étrange, écoeurante dans l'air, autour de l'étranger. Jane plissa les yeux avant de reprimer un haut le coeur en découvrant la raison de l'odeur. A plusieurs endroit, le garçon était brûlé, et pas qu'un peu, il saignait aussi, au visage, aux mains, jambes, bras. Partout. Jane eut pitié. Elle ne voulait plus l'abandonner, elle voulait savoir ce qui lui était arrivé. Elle voulait le soigner. Elle se maudit pour sa faiblesse mental, pour tomber peut-être dans un piège. Peut-être le garçon allait-il se réveiller et se montrer violent. Jane jaugea de nouveau ses plaies de loin et secoua sa tête. Ce garçon allait avoir beaucoup de difficultés à marcher sans ressentir une douleur, et cela pendant plusieurs jours. Et puis il était dans les vapes, c'était peu probable qu'il se réveille en pleine forme. C'était décidé, Jane allait l'aider.

Elle soupira longuement, ville pour gagner du temps. Puis elle s'installa près du garçon et posa plusieurs tiges de plantes sur un rocher. Elle les écrasa pour en faire sortir le jus, qu'elle mélangea avec de l'eau. Le résultat était une sorte de pâte verte. Jane ne voyait pas trop aux vertus médicale de ces plantes, mais elle l'avait rien d'autre sous la main. Elle prit un bout de tissu qu'elle avait dans son sac et l'humidifia. Elle s'assit à côté du garçon, et épongea doucement son visage, enleva comme elle pouvait les traces de sang. Elle était terriblement concentrée, stressée de lui faire mal. Ou qu'il se réveille agressif. Le pseudo remède attendait sur son rocher, sagement. Jane passa une main sur la joue du garçon après une longue hésitation avec un air triste, avant de la retirer rapidement.

- S'il te plaît réveille toi. Me laisse pas seule, puis meurt pas devant moi non plus, marmonna-t-elle d'une toute petite voix. Faut que je te soigne et ça va faire mal, vaut mieux que tu sois réveillé, elle ajouta d'une voix un peu plus sûre pour se donner contenance.



Merci Hugo ♥
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Ven 18 Aoû - 13:19
- Heskel t'as préparé le popcorn oui ou non ?
- Calme toi petit phoque, bien sur que je l'ai préparé, mais c'était notre dernier sachet, t'as intérêt à l'apprécier.
- Tu sais que j'aime pas que tu m'appelles "petit phoque", bouda le garçon en question.

Haytham s'allongea lourdement dans le canapé. Il avait éteint les lumières de la maison pour cacher leur électricité qui provenait du générateur encore intacte, et une bonne odeur sucrée du popcorn parfumait tout le salon. Un second garçon vint s'affaler avec tout autant de grâce à côté de lui.

- Au contraire, je crois que tu adores quand je t'appelle comme ça ! rit-il.

Haytham lui tira la langue, de mauvaise foi, et lui vola le paquet de popcorn. Les petits graines blanches tombèrent sur le tapis où traînaient des chaussures, des chaussettes, et tellement d'autres choses.. Il valait peut-être mieux ne pas savoir ce qui reposait ici.

- Hé ! Rends le moi ! s'écria Heskel.
- Tetete !  Tu crois pouvoir me faire un tel affront sans en payer les conséquences ? Pour qui te prends-tu à défier ainsi le grand Haytham ?
- Ouuuuh ! Tu veux jouer à ça ! Viens là salopiaut !

Heskel s'était levé du canapé pour se jeter sur Haytham. Le blanc esquiva l'attaque en faisant tomber d'autres popcorn au sol et il s'enfuit dans la cuisine en riant comme un enfant.

- KAVINSKI HAYTHAM ! REVIENS ICI DE SUITE !

Le second jeune homme rejoigna également la cuisine mais la déouvrit vide. Un grand sourire se dessina sur son visage et il comprit. En furetant la pièce du regard, il passa devant chaque porte d'armoire et de placard jusqu'à la buanderie.

- Je sais que tu es caché ! Haythaaaaaam ! Je vais te trouveeer !

Heskel entra dans la buanderie et s'y arrêta pour écouter les bruits. Si on tendait bien l'oreille, on pouvait entendre un "croush croush croush" signe que, de un Haytham était caché ici, et de deux, qu'il était entrain de manger tout le popcorn.

- Je t'endends petit rat !
- Hé, je croyais que j'étais un phoque ! s'exclama la garçon caché d'un ton offensé.
- Les phoques ça ne se cache pas derrière... (il retira les manteaux qui avait caché l'adolescent jusque là) des manteaux sales !

Heskel lui reprit le paquet des mains comme un enfant puni et retourna dans le salon, abandonnant son ami parmi les manteaux.

- Aide moi à me relever au moins ! , lui cria Haytham indigné.
- Tu as réussi à y entrer tout seul, tu en ressortiras comme un grand !
- Tu sais que c'est vachement bizarre quand tu dis ça sans contexte ?

Il y eut un gros blanc dans toute la maison.

- HAYTHAM TU ME DESESPERES !
- Quoooi ? C'est toi qui l'as dit, pas moi !

Entre temps, le blond s'était extirpé de la buanderie et avait ramassé les popcorns tombés au sol avant de les manger (quoi, c'était la crise non ?). Haytham revint dans le salon et se rassit dans le canapé, droit, les mains posés sur les genoux, le regard fixe. Heskel mit un moment avant de le dévisager et de soupirer.

- Qu'est-ce que tu fous encore ?
- J'attends que tu daignes poser ton attention sur moi.

De plus en plus désespéré, Heskel lui balança une poignée de popcorn dans la figure. Haytham éclata de rire avant de se laisser tomber dans le canapé.

- J'aimerais que cette vie ne s'arrête jamais... murmura-t-il pour lui-même.


Ce qui tira Haytham de l'inconscience fut l'eau qu'on déposa sur son visage. Sans ouvrir les yeux, il se demanda vaguement s'il s'était mis à pleuvoir. Il devrait se mettre à l'abris, loin si une tempête arrivait. Le garçon n'avait pas peur de l'orage, mais si de la boue s'infiltrait dans ses plaies, c'en serait fini de lui. Mais son corps ne répondait pas, son cerveau ayant décroché les commandes depuis longtemps, il luttait même pour au moins rester lucide. Chose plus facile à dire qu'à faire car il se sentait épié par les ténèbres, prêtes à lui fondre dessus pour l'enserrer entre ses griffes... Haytham frissonna en sentant une main contre sa joue. Il dut réfléchir un long moment avant de comprendre si c'était une sensation imaginée de cette main dressée devant lui appartenant aux ténèbres ou bien une vraie main, chose qui semblait la moins probable. Pourtant... Haytham rouvrit brusquement les yeux pour faire face à la réalité et il fut extrêmement surpris de voir... une fille. Il y avait une fille au dessus de lui, brune, aux yeux d'un bleu azuré qui lui rappelèrent de vieilles légendes. Alors comme ça, il avait enfin la preuve que Dieu et toute la bande existait, non ? Parce que si les anges existaient - et il en avait un devant les yeux - c'est qu'ils venaient bien de quelque par. Confus, Haytham cligna plusieurs fois des yeux, constata aussi qu'il ne pleuvait pas, il faisait même un grand ciel bleu. Quel beau jour pour mourir, pensa-t-il avec mélancolie. Le garçon cligna plusieurs fois des yeux pour habituer ses yeux à la lumière,

- Oh... Je ne m'étais pas attendu  à trouver un ange au dessus de moi... murmura-t-il faible et vaseux. J'attends toujours vos pouvoirs de guérison, si on est au paradis je devrais plus avoir mal nan ? Meh, je peux pas être au paradis...

Il sembla être pris dans un débat intérieur profond. Ses yeux papillonnèrent.

- Je suis en enfer alors ? demanda-t-il.

Ses forces déclinaient à vue d'oeil, et pourtant, il continuait de parler.

- Je me doutais... que les démons seraient beaux aussi... Après tout ce sont les enfants de Lucifer et... J'ai mal, Heskel t'es où ? se mit-il à sangloter pitoyablement.

Haytham se rendit compte en cet instant qu'il n'avait même plus la force de lever sa main pour retirer les larmes de ces yeux. La mort était proche, il le sentait, et il n'en avait même pas peur, il était juste... épuisé.
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Jane Lumbard
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Ven 18 Aoû - 23:21
Quand le garçon ouvrit enfin les yeux, Jane retira vivement sa main dans un sursaut. Elle se demande si c'était bon signe qu'il se réveille, si ça voulait dire que du coup il n'allait pas mourir tout de suite. Puis elle remarqua la douleur dans ses yeux, et autre chose, qui grandissait au fur et à mesure que le garçon se réveillait. Elle n'arrivait pas à déterminer ce que c'était, et ça l'intriguait. Par sécurité elle s'était un peu reculée, au cas où il devenait violent. Mais le blessé semblait juste délirer. Jane, désemparée, rougit quand il la compara à un ange. Jane se sentait très loin d'être un ange, elle n'en avait pas la beauté, ni la bonté. Oui elle soignait ce garçon mais c'était simplement par pitié. Elle regarda le garçon cligner frénétiquement des yeux et se rapprocha de lui, inquiète. Elle n'osait pas parler, le garçon semblait très bien remplir les blancs tout seul. Il ne se souviendra sûrement de rien quand il se réveillera plus tard, ce qui arrangeait Jane. S'il pouvait arrêter de la comparer à un ange tout serait parfait. La jeune fille secoua la tête quand il parla d'enfer, mais elle doutait qu'il l'est remarqué. Pour finir, il la compara à un démon. Elle ne savait pas trop si elle devait bien ou mal le prendre. Elle décida de ne pas en tenir compte : le garçon délirait complètement. Elle retint simplement le compliment sur sa beauté, qui la fit sourire discrètement. Peut-être qu'il ne le pensait pas du tout mais sur le moment, Jane trouva cela tellement hors contexte que ça la fit sourire.

Petit à petit le garçon finissait par ne plus parler, mais plutôt marmonner. Elle entendit cependant ce qui semblait être un prénom. Heskel. Puis Jane comprit ce qu'il y avait dans ses yeux. De la tristesse. Les larmes dévalaient les joues salies du garçon, et le coeur de la jeune fille se brisa un petit peu. Elle ne savait rien du garçon, mais il semblait nager dans une affreuse douleur constamment, s'en était poignant. Ses yeux reflétait toute sa tristesse, et Jane détourna le regard, déstabilisée, presque triste à son tour. Quand elle osa enfin le regarder à nouveau, le garçon ne parlait plus. Ses yeux s'étaient fermés à nouveau, il était reparti. Jane ne put s'empêcher d'enlever doucement une larme qui coulait encore le long de sa joue.

Jane tandis le bras pour attraper la patte qu'elle avait préparé quelques minutes auparavant et se mit au travail. Elle essaye d'en mettre un petit peu, sur chacune de ses plaies en serrant les dents. C'était forcément douloureux pour lui. Au final peut-être qu'il était préférable qu'il soit dans les vapes. Elle pria à chaque fois qu'elle appliquait la main contre ses blessures pour ne pas qu'il rouvre les yeux, et laissa son souffle s'échapper qu'une fois qu'elle eut terminer d'appliquer la pâte verte sous les majeurs brûlures de son corps. Normalement - insistons sur ce mot - ça devrait calmer la douleur. Mais il en fallait plus pour être sûr que rien ne s'infecte, Jane le savait. Il fallait des antibiotiques. Sauf qu'ils étaient rares, et qu'on les gardait pour les cas importants. Puis le garçon n'était pas un forestier, il n'aurait jamais droit aux antibiotiques. Il avait déjà eu le droit aux fleurs.

Jane se rinça rapidement les mains, puis s'adossa à un arbre en regarde le garçon. Il était encore bien blessé, mais plus rien ne saignait, et les brûlures étaient couvertes de plantes. Normalement il se réveillerait en plutôt bonne santé. Peut-être pas en état de marcher. Jane improvisera à ce moment là. Tout ce qu'il fallait, c'était que le garçon se réveille. Étrangement, Jane se mit à la souhaiter ardument. Elle espérait qu'il se sente redevable envers elle. Enfin pas de ce sens là, mais qu'il soit gentil avec elle, que du coup il devienne son ami, et qu'il ne la laisse pas seule. Jane n'en pouvait plus, la solitude n'étais réellement pas son truc. Elle voulait se sentir entourée, surtout pendant la fin du monde. Alors peut-être que ce garçon pourrait être celui qu'elle attend.

Épuisée par le stresse, les cauchemars et la marche à pied jusqu'à la lisière de la forêt, Jane tomba dans un sommeil peu profond, comme une sorte de somnolence. Jane savait que c'était dangereux de s'endormir au milieu de nul part avec un blessé, mais elle se réconforta en se disant qu'elle était encore chez les forestiers et qu'elle ne dormait pas vraiment, en sachant au fond d'elle que si quelqu'un arrivait avec de mauvaises intentions Jane n'était pas en bonne position. Elle marmonna simplement un "de rien" destiné au garçon, parce qu'au fond, elle l'attendait son merci. Le garçon n'avait pas intérêt à mourir.



Merci Hugo ♥
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Hier à 0:26
« On en peut pas mettre feu à quelque chose qui a déjà brûlé, comme on ne peut pas briser un cœur déjà en morceaux. »

« Aidez-moi. Aidez-moi s'il vous plaît... Aidez-moi ? Ou alors laissez-moi mourir. Dieu ? Quelqu'un ? Pourquoi fait-il tout noir ? Pourquoi l'Ange est partie ? Pourquoi suis-je de nouveau seul ? Dieu tu veux bien répondre connard ! T'as cru que j'avais oublié toutes les prières que ma mère t'a adressé ?! Tu l'as sauvée peut-être ? Nan ? Connard connard connard ! Ça sert à quoi d'être Dieu si c'est pour ne pas aider tes propres créations ?! Tu as honte ? On est trop imparfaits pour ton humble personne ? Et pour qui te prends-tu à balancer ton gosse sur Terre pour nous faire de faux espoirs sur ta pitié et miséricorde ? Les voix du Seigneur sont impénétrables mais oui bien sûr ! C'est juste une excuse parce que personne ne sait rien de toi, que les moines et les sœurs marchent à la drogue toute l'année hein ?! "Une douce chaleur représente sa présence" la seule chaleur que je sens c'est le feu qui m'a brûlé ! Qui L'a brûlé ! Pourquoi cette maladie ?! Tu voulais faire un deal avec le Roi des Enfers ? Les âmes de la Terre contre la paix divine ? Dieu écoute moi, entends-moi ! Où es-tu ?! Où es-tu quand tes croyants meurent et se font abandonner par les leurs ?! Je dois faire quoi sans Heskel moi ? Je suis censé vivre comment hein ! Comment je fais ? Je vais me lever le matin et me dire quoi ? Je suis juste censé moisir dans le caniveau parce que t'en as plus rien à faire de nous, tes petits joujoux d'humains sur qui tu as testé maladies sur maladies ? Tu m'écœures ! T-t-tu... tu n'existes même pas ! Tu n'es qu'une chimère Dieu, une vaste blague préconçue pour amener des gens à l'église. Il n'y a pas de Dieu. Quand nous mourrons, nous disparaissons dans l'immensité de notre univers pour l'éternité. Et j'ai peur du vide, de ce vide. J'ai peur de ne pas rejoindre Heskel si je meurs j'ai peur de-de... de n'être plus rien. »

La douleur s'était un peu estompée. À moins que ce soit à cause de ce brouillard dérangeant qui lui faisait perdre ses sens... Où était-il ? Il ne le savait pas. Le monde avait perdu ses couleurs, ses sensations aussi. Plus rien n'existait à part cette brume vicieuse et tordue. Haytham avait l'impression d'étouffer dedans, de s'y noyer comme on se noierait dans une mer de pétrole. Elle lui collait à la peau, l'empêchait de respirer et surtout... il sombrait dans ses plus profondes abysses.
Haytham ne sentit pas les mains fraîches de la jeune forestière sur son corps bruler. Il ne sentit pas non plus la douleur refluer doucement au fur et à mesure qu'elle étalait son cataplasme. La douleur était là quand il sombrât, et elle était un peu moins là quand il s'éveillât, c'est tout. Pas de nette amélioration par rapport à son cœur brisé par contre. Il était encore plus lancinant que son corps, encore plus lourd. N'était-ce pas plutôt dans son cœur, dont les larmes avaient tellement coulé pour former un lac, qu'il était entrain de se noyer ? Ne s'enfonçait-il pas plutôt dans sa détresse, dans ses peines, dans son deuil ..? Tout était si sombre, il ne savait différencier toutes ces choses c'était trop... trop de douleur... trop d'un coup. Ses larmes s'étaient taries d'elles-mêmes, il était sec, il avait pleuré tout son soûl et il ne restait plus rien désormais... juste une garrigue brûlée sans aucune chance de repousser un jour. Tout était parti.
Haytham ouvrit faiblement les yeux. Il grimaça, aveuglé par le soleil qui transparaissait au travers des arbres. Il eut la vague pensée que c'était beau, cette lueur aveuglante. Il cligna plusieurs fois des yeux et essaya vainement d'analyser son environnement. Une forêt, d'accord. Il n'en sut pas plus. Et... il constata avec surprise que la douleur, bien que toujours présente, était beaucoup moins intense et dévorante que tout à l'heure. Quelle heure était-il en fait ? Sa montre avait brûlé dans la maison, sa montre et... Haytham grimaça. Pense à autre chose, ton but ouais, pense à ton but. C'était quoi son but déjà ? Le jeune homme voulait bouger, se lever, mais il n'osa pas, par peur que la douleur revienne, plus forte que tout à l'heure. Il se contenta alors de tourner la tête et là il vit... la jeune fille. Ce n'était donc pas un Ange, pas une image due à je-ne-sais-quelle folie. Elle était bien vivante, pas dans sa tête. Haytham pinça les lèvres. Elle dormait ? Devait-il la réveiller ? Ou alors juste partir sans la déranger plus ..?
En grinçant des dents, le garçon releva son buste et observa les trucs verts qui recouvraient ses blessures dont le contour rouge était toujours visible. Il dévisagea la jeune fille. Elle avait pris le soin de le soigner, lui ? Je n'en vaux pas la peine, elle n'aurait pas dû. Haytham ne voulait pas la déranger plus, il ne voulait pas recevoir une aide qu'il serait incapable de rendre il ne voulait pas... Il se tourna sur lui-même, s'aida de ses mains et, gémissant, il se hissa sur ses deux jambes tremblantes grâce à un arbre pour se mettre debout. Ok, équilibre précaire, il commençait à avoir l'habitude. Il devait juste... avancer et ne pas s'arrêter, ouais, il tomberait à la fin de la route.
Sauf que, des gémissements passant toujours en un faible sifflement entre ses lèvres, il remarqua que la jeune fille était entrain de se réveiller. Courir courir ! Aaah je peux pas courir putain ! jura-t-il intérieurement. Avec désespoir, Haytham se passa une main sur le visage, et quand elle eut ouvert totalement les yeux, il lui adressa un maigre « salut » mal à l'aise, déboussolé et désolé.
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Jane Lumbard
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Jane ouvrit péniblement ses yeux, réveillée par du bruit. Elle se leva en vitesse, paniquée. Et si quelqu'un était en train d'arriver vers eux avec de mauvaises intentions ? Quand elle comprit la cause du bruit, son stresse descendit d'un cran, mais elle bondit sur ses pieds. Le garçon était debout, devant elle, avec un air mi coupable, mi déçu. Elle fronça les sourcils et se frotta les yeux, avant de lui répondre d'une voix fatiguée :

- Salut hum...

Elle réfléchit quelques secondes, profondemment mal à l'aise. Elle ne savait pas vraiment quoi faire. L'engueuler pour qu'il se rallonge avant qu'il ne retombe par terre et agrave son cas, ou bien lui demander son prénom. Ou plus important, pourquoi était il tout brulé et écroché de partout ? Jane soupira longuement en détaillant le garçon qui devait s'appuyer contre un arbre pour tenir debout et ramassa sa sacoche avant de l'enfiler. Ils devaient rentrer au camp. Du moins elle, avant que les membres de son groupe ne s'inquiètent. Ils ne pouvaient pas rester là la nuit, et le garçon semblait plus perdu qu'autre chose. Il était fort probable que ce soit l'endroit où il habitait qui ait brûlé. Autant l'emmené avec elle, ils pourront faire connaissance, se parler, et elle apprendra peut-être la raison de ses blessures, autant exterieur qu'interieur. Elle voulait absolument en apprendre plus à propos de ce Heskel, ça lui parraissait quelque chose de très important, mais loin d'être joyeux. Jane se remémora les larmes sur les joues du garçon puis secoua doucement sa tête.

Bon, elle devait se concentrer et convaincre le garçon de venir avec elle, même s'il n'avait pas l'air de vouloir le faire. Elle avait deviné à son air désolé qu'il était en train de partir avant qu'elle ne se réveille. Elle lui lança un regard en coin, hésitante quelques secondes puis tenta se donna l'air importante et sûre d'elle.

- Ça te dérange pas de parler en avançant ? Il faut vite rentrer au camp avant qu'il fasse nuit.

Enfin parler était un bien grand mot, elle n'était pas sûre de savoir quoi dire. Peut-être que lui recommencerait à parler tout seul et à divaguer à propos d'enfer et paradis. Franchement, ça arrangerait bien Jane, elle n'aurait rien à dire, seulement écouter. Elle devina qu'il allait lui demander pourquoi elle voulait rentrer avec lui et continua :

- Tu rentres avec moi chez les forestiers, je vais bander tes plaies. Et s'il te plait, ne râle pas - autant finir de te soigner du mieux possible - sinon je t'oblige à te rallonger pour éviter de te blesser plus. Elle le détailla du regard et ajouta : même si je vois pas encore comment je t'obligerai à le faire.

Elle commença à avancer avant de se retourner pour le fixer avec insistance, les joues rouges. Elle avait perdu le peu de confiance qu'elle s'était inventé, stressée par le fait qu'il veuille bien la suivre ou non. S'il refusait, elle ne savait pas quoi faire, elle le laisserai sûrement partir, sans rien faire, et rentrerai avec le peu de plantes qui lui restait. Jane se mordait la lèvre un peu paniquée, et essaya de le cacher du mieux qu'elle pouvait.



Merci Hugo ♥
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Hier à 23:46
Ok. La fille était réveillée. Ce n'était vraiment pas bon signe. Oui, Haytham avait espéré pouvoir filer en douce, mais c'était raté. Et il se trouvait désormais dans une situation à la fois gênante, particulièrement difficile à expliquer, et particulièrement peu valorisante à son égard. Il en avait conscience, mais que pouvait-il faire contre ça ? Pas grand chose, non. Le jeune homme se racla douloureusement la gorge pour passer son malaise, ses yeux avaient d'abord fixé la jeune fille brune avait de finir rivés sur l'herbe verte de la forêt. Quel con, quel con, quel con ! T'aurais dû faire le mort putain ! Idée tout aussi stupide, mais bon.
Au lieu de paraître outrée, de se mettre à crier qu'il devrait être reconnaissant envers elle et de lui foutre une baffe, la fille lui demanda s'ils pouvaient en parler en avançant. Haytham en fut abasourdi. Elle parla de rentrer au camp. Elle avait un camp ? Quel camp ? Et... Ah. Faisait-elle partie de ces groupes, les Forestiers et les Zonards ..? Ces camps que lui et Heskel avaient tant fui. Haytham serra discrètement les dents et détourna les yeux. Avait-il le choix ? Dans son état, pas vraiment, toute hospitalité était bonne à recevoir. Il devait se reposer et... Le garçon sentit soudainement son ventre grogner de fin. Il déposa son poing sur son torse et grimaça. Depuis combien de temps n'avait-il plus mangé ? Il avait perdu la notion du temps, depuis l'incident, alors difficile de s'y faire une idée précise. Mais il avait faim, et il le cacha.
Bientôt, Haytham eut la confirmation qu'elle venait bel et bien des forestiers. Bon, ça, c'était fait. Il allait dans un de ces groupes alors. Et elle voulait continuer de s'occuper de lui. N'avait-elle déjà pas assez donné non ..? Il n'eut pas la force de la contrarier en refusant, et sa dernière remarque le fit même sourire. C'est vrai qu'il était un peu plus grand qu'elle, et le regard qu'il posa sur elle appuya bien sur cette pensée. Dans son état normal, s'il avait voulu partir il l'aurait fait aisément, mais là... Il était tellement au bout de rouleau que bon, ça aurait été du suicide.
La forestière avait commencé à marcher, et elle se retourna pour voir s'il la suivait. En constatant cela, Haytham leva ses mains en signe de reddition et lui fit bien savoir qu'il la suivait. Or, il ne voulait pas "parler en chemin", il savait très bien ce qui l'attendait. Des questions, des questions, des questions, et ça, il voulait l'éviter. Alors il se mit à parler, tout seul, sans que cela n'ait de sens, il se mit juste à... parler.

- Tu aimes la forêt, si tu es forestière ? (sa voit était un peu sèche au début, il se la racla une seconde fois) ça doit être bruyant un Zonard. Des gosses des villes... Je comprends la paix de la forêt, c'est plus apaisant... Après, tout le monde ne choisit pas... Tu as peur des insectes ? C'est un vieux cliché de fille ça, avoir peur des araignées, de tout ce qui vole. Moi je comprends pas trop, 'fin j'veux dire, une araignée tu l'écrases, point final. D'accord tu auras du mal à écraser une guêpe et on a plus les insecticides, mais y doit toujours avoir les vieux remèdes de grand-mère pour capturer des guêpes. Vous chassez dans la forêt en fait ? Boarf, au pire les scientifiques parlaient de manger des sauterelles, vous pourrez toujours le faire quand il n'y aura plus rien dans les magasins...

Et il continua de parler ainsi, sur toute la route, avec le seul objectif de ne pas la laisser décrocher un mot, pour éviter une conversation qui arriverait quand même forcément dans le futur.
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Jane Lumbard
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Aujourd'hui à 0:29
Le garçon semblait accepter de la suivre, ce qui la fit expirer longuement. Une bonne chose de faite. Elle marchait devant lui, pour éviter qu'il remarque ses joues rouges. Au début, le garçon posa une question, à laquelle elle s'apprêtait à répondre avant de se faire couper. Il continua à parler, sans même se donner la peine de recevoir une réponse. Jane fronça les sourcils, déboussolée et referma sa bouche. D'accord, il recommençait à parler tout seul. En soit c'était positif, il était en capacité de parler et tenir un discours. Mais vu le type de discours qu'il menait, c'était limite si Jane ne le pensait pas à moitié fou. Il continua l'heure de route jusqu'au camp, avec parfois des blancs. Jane était épuisée, ce garçon commençait à la rendre folle avec ses phrases dénuées de sens, et un fil de discussion complètement aléatoire. Elle devait de lui dire de se taire, mais n'osait pas. La plupart du temps elle regardait droit devant elle, et se massait les tempes, en sentant une migraine arriver.

Enfin - miracle ! - ils arrivèrent au camp. Jane laissa le garçon en plant et alla d'abord prévenir de son arrivée, signaler qu'elle était toujours en vie et qu'elle ramenait un "non forestier". Elle n'était pas sur de son groupe mais pariait sur solitaire, vu la façon dont il parlait des zonards. Elle retourna auprès du garçon et lui sourit légèrement, l'invitant à le suivre. Elle le mena jusqu'à sa petite cabane, et le fit entrer à l'intérieur, puis referma ce qui lui servait de porte, soit une sorte de rideau épais. Elle pointa le lit du doigt.

- Vas t'asseoir. S'il te plaît.

Elle le regarda se déplacer avec difficulté et chercha dans ses affaires quelques petits bandages et de la crème pour les plus grosses plaies. Le garçon garderait ses cicatrices à vie. Elle fronça les sourcils en se souvenant avoir vu des cicatrices déjà formées sur son corps pendant qu'elle appliquait la crème. Ce garçon n'avait donc pas eu une vie facile. Jane avait elle aussi des cicatrices, mais des moins imposantes que les siennes. Encore une fois, elle lui jeta un regard empli de pitié. Elle approcha une chaise du lit, et s'assit dessus avec les affaires nécessaires sur les genoux.

- Hum je te préviens tout de suite, ça va faire mal. Sûrement beaucoup.

Jane attrapa timidement un bras du garçon et appliqua un peu de crème sur la plus grande brûlure, le plus doucement et légèrement possible.

- Et hum sinon... Tu peux au moins me dire comment tu t'appelles, et de quel groupe tu viens ?

Elle ne le regardait pas directement dans les yeux, faisant mine d'être obnubilée par son travail. Elle ne savait pas s'il allait lui répondre, et pour peut-être essayer de gagner sa confiance elle ajouta :

- Moi c'est Jane.

Elle finit de mettre la pommade et estima qu'il n'était pas nécessaire de mettre un bandage sur ses bras. Il suffisait juste qu'il fasse attention. Elle s'occupa rapidement et en silence de son deuxième bras, puis de ses jambes, mit deux ou trois bandages sur les plaies les plus importantes, et sur ses mains bien abimées ; puis jaugea le reste du travail.

- Il faudrait que tu enlèves ton t-shirt pour que je puisse voir les blessures qui sont en dessous et si le t-shirt à fondu sur ta peau, lâcha-t-elle sans réfléchir, l'esprit de la pseudo médecin ayant refait surface.

Une fois qu'elle eut compris ce qu'elle avait dit Jane rougit à nouveau, confuse. Elle n'ose pas revenir sur ses mots et se contenta de fixer ses mains avec désespoir. De toute façon ce qu'elle avait dit était vrai. Si le t-shirt avait fusionné avec la peau ils étaient dans la mouise. A première vu ça n'avait pas l'air, les plus touchés étant ses bras et ses jambes. Mais on se savait jamais.



Merci Hugo ♥
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